La banque de graines, moteur de la restauration écologique
Le Jardin des plantes indigènes se situe à proximité immédiate de la banque de graines du Jardin botanique. Depuis la fin des années 1980, celle‑ci se consacre à la collecte et à la conservation des graines de nos espèces indigènes menacées.
Parmi les quelque 250 espèces figurant sur la Liste rouge flamande, 75 % sont désormais conservées dans cette banque de graines, notamment grâce au projet ISABEL, en collaboration avec les bénévoles de Natuurpunt. La Liste rouge wallonne est deux fois plus longue, et de nombreuses espèces ne sont pas encore conservées dans la banque de graines. Une collaboration avec Natagora a donc été lancée afin de conserver d’ici 2030 également 75 % des espèces menacées de Wallonie.
Les graines collectées sont congelées dans notre banque de graines à long terme et utilisées pour restaurer des habitats rares, renforcer des populations menacées ou réintroduire des espèces disparues.
Au cours des dix dernières années, plusieurs projets LIFE ont été menés avec le soutien financier de l’Union européenne. À partir de graines de populations sauvages saines, le Jardin botanique produit des milliers de plantes destinées à être réintroduites dans la nature — et qui trouvent aussi leur place dans le Jardin des plantes indigènes.
Marc Reynders, gestionnaire scientifique de la banque de graines, explique : « Dans notre banque de graines à long terme, nous congelons les semences collectées. Nous les utilisons pour la restauration écologique de milieux rares, en renforçant les populations menacées ou en réintroduisant des espèces végétales disparues. Au cours des dix dernières années, nous avons mené plusieurs projets LIFE, avec le soutien financier de l’Union européenne. À partir de graines issues de populations sauvages en bonne santé, nous cultivons au Jardin botanique des milliers de plants destinés à être replantés dans la nature, et qui ont également trouvé une place dans le Jardin des plantes indigènes. »
À travers ce jardin, notre institution entend renforcer les liens entre recherche scientifique, conservation et éducation.
Inspiration pour le jardin privé : chaque mètre carré compte
La nature est fortement fragmentée en Belgique, et chaque espace vert compte. Les jardins privés peuvent jouer un rôle crucial pour la biodiversité. Des pollinisateurs devenus rares — abeilles, bourdons, papillons — dépendent de plantes indigènes très spécifiques servant de nourriture, de plante‑hôte ou d’abri hivernal.
Avec les bordures ornementales du Jardin des plantes indigènes, le Jardin botanique de Meise démontre qu’un jardin écologique peut être à la fois luxuriant et attrayant. Les visiteurs y trouveront une mine d’inspiration pour leur jardin et pour soutenir la nature locale.
Conception et réalisation
La conception du site du Pachthof par les architectes de NU architectuuratelier et archipelago constitue un joyau dans la mise en œuvre du Plan directeur du Jardin botanique de Meise. Le nouveau Restaurant Pachthof et la banque de graines ont été reliés de manière originale via le Jardin des plantes indigènes et un pont ingénieux menant au toit du restaurant. Depuis la terrasse, un escalier hélicoïdal en chêne — récolté de manière écologique dans le Jardin botanique lui‑même — permet d’accéder à l’aire de jeux pour enfants, autrefois la cour intérieure de la ferme du Pachthof. L’aménagement du Jardin des plantes indigènes a été réalisé en collaboration avec les architectes paysagistes de Plant en Houtgoed. Les travaux ont été effectués par SOCATRA et STG.
La plantation a été entièrement réalisée par les membres du personnel et les bénévoles du Jardin botanique de Meise, avec l’aide d’employés de Weleda et des élèves du VLTI Torhout, venus chacun passer une journée de plantation. Le Jardin botanique de Meise a produit lui‑même une partie des plus de 600 espèces du jardin et en a acquis d’autres auprès d’une vingtaine de pépiniéristes spécialisés locaux.