La floraison de l’arum titan en livestream

Nous sommes très fiers de vous annoncer que l'arum géant fleurit à nouveau cette année !  La ‘fleur‘ de l’arum titan a commencé à s’ouvrir au Jardin botanique de Meise ce 13 mai 2020 à 11h00. Il s’agit de la dixième floraison enregistrée au Jardin botanique. Elle mesure 212 cm. Vous pouvez suivre sa floraison avec nous via livestream (*) (grâce à : Slash9 productions) et voire sur un timelaps. En attendant, vous trouverez ci-dessous quelques informations sur cette plante très particulière...

En vous inscrivant via ce lien, nous vous avertirons dès que la floraison de le suivant arum titan débutera.

La vie privée de l'Arum Titan


Un géant exigeant

L’arum titan pousse en un seul endroit au monde : la jungle de Sumatra. Sous terre, le tubercule de la plante ressemble à un gros bulbe qui peut peser jusqu’à 130 kg. Son origine fait de l’arum titan une plante exigeante pour la culture : température constante de 24°C et haut degré d’humidité en permanence. En une saison, le tubercule produit soit une feuille gigantesque, de 2 à 6 m de haut, soit une énorme ‘fleur’ : de 1,5 m à 3 m de haut. Le terme botanique est ‘inflorescence’ car l’élément floral se compose de nombreuses petites fleurs, il ne s’agit pas d’une fleur simple.


Un dard colossal

Sa forme explique le nom scientifique de l’arum titan, Amorphophallus titanum signifiant «pénis titanesque déformé ». La partie centrale ou spadice, sorte de dard pâle géant, est enveloppé par la spathe, une bractée (feuille colorée) pourpre au plissé sculptural. De petites fleurs femelles rosâtres s’étagent à la base du spadice, surmontées des petites fleurs mâles jaunâtres. Dès que les fleurs femelles sont à maturité pour être pollinisées, le spadice émet une odeur pestilentielle de corps en décomposition, qu’il avive en dégageant une forte chaleur, ce qui lui vaut le nom de « plante-cadavre » à Sumatra.


Cadavre-piège

Alléchés par ce parfum, les insectes pollinisateurs (mouches, coléoptères, abeilles...) se précipitent dans l’arum et y demeurent un temps prisonniers par la conformation des parties végétales. Dans leurs mouvements, ils se couvrent de pollen. Une fois libérés, attirés par l’odeur provenant d’un deuxième arum titan, ils pénètrent à l’intérieur et le pollinisent en laissant tomber sur les fleurs le pollen du premier arum, et ainsi de suite. L’histoire se répète, assurant la reproduction de la plante.


Un fumet titanesque

En milieu naturel, l’odeur de la plante est très puissante car les arums titans poussent à des kilomètres l’un de l’autre et fleurissent rarement : tout est donc mis en œuvre pour ne pas rater l’opportunité cruciale de la pollinisation par les insectes. Le ‘parfum’ se sent surtout au début de la floraison, qui ne dure que trois jours (72 heures). Les fleurs femelles fécondées se transforment en baies rouge orangé. Les oiseaux les mangent et participent ainsi à la dissémination des graines, évacuées dans leurs excréments.


Bonne nouvelle pour une espèce en sursis

A Sumatra, la moitié de la jungle a été déboisée, la population d’orangs-outangs a diminué de 80 % ; la situation de l’arum titan n’est pas meilleure... Aujourd’hui, heureusement, les jardins botaniques réussissent de mieux en mieux à cultiver l’arum titan, ce qui multiplie les chances de survie de l’espèce.

Arum belges

L’arum titan a fleuri pour la première fois en Belgique en août 2008. En trois jours, il a attiré plus de 8.000 visiteurs au Jardin botanique de Meise. Succès de foule réitéré en mars 2011, 2013, 2016, 2017 et 2018 où le public a également pu suivre sa floraison, jour après jour, sur Facebook. Au fait, savez-vous que l’arum titan possède un petit cousin belge, sauvage, que l’on trouve fréquemment dans les bois ? Il s’agit du gouet tacheté (Arum maculatum). Vous le trouverez au printemps en étant attentif car il n’atteint, lui, qu’une trentaine de cm !