[Science News] - Pour une meilleure intégration des friches urbaines

mar. 15 sept.

Le Jardin botanique de Meise participe au projet international SUNLOOP qui vise à répondre aux défis posés par l'érosion de la biodiversité et le changement climatique en milieu urbain. Le projet porte sur les espaces de Nature Urbaine Spontanée (SUN) — friches, terrains vagues… — envisagés comme des solutions fondées sur la nature dans le contexte des politiques européennes de Zéro Artificialisation Nette (ZAN).

Malgré leurs bénéfices socio-écologiques, ces espaces restent souvent marginalisés dans l'aménagement urbain. Le projet cherche à améliorer la compréhension et la sensibilisation à ces espaces présents dans le tissu urbain afin d'influencer les politiques d'aménagement urbain en y intégrant la valeur socio-écologique de la biodiversité spontanée.

Le projet privilégie une approche interdisciplinaire, combinant sciences de l’environnement, sciences participatives et urbanisme. L'équipe scientifique réunit des experts d'institutions académiques belges, suisses et françaises, ainsi que des acteurs locaux, partageant leurs perspectives sur les villes confrontées à des pressions urbaines spécifiques. Comme modèles d’étude, trois villes ont été choisies : Charleroi, Fribourg et Paris. 

Pour la Belgique, l’Université de Mons, Natagora et le Jardin botanique de Meise bénéficient d’un financement du FNRS pour effectuer leurs travaux. Durant l’été, des inventaires de flore et de faune sur 12 sites de Charleroi ont ainsi été effectués, parmi lesquels l’emblématique terril du Martinet, mais aussi de nombreux autres sites moins connus du public et des biologistes. Au total, 125 ha de nature spontanée (friches et terrils) ont été minutieusement étudiés.

Les inventaires estivaux de l’équipe du Jardin botanique ont révélé la présence de près d’un cinquième de la flore indigène belge. Parmi les espèces remarquables, on peut citer Anacamptis pyramidalis, Dactylorhiza fuchsii, Dianthus carthusianorum, Helosciadium nodiflorum, Ophrys apifera, Petrorhagia prolifera et Pyrola minor, qui figurent sur la Liste rouge de la flore de Wallonie. Ces friches urbaines constituent donc des refuges essentiels  pour une flore devenue rare dans les paysages environnants. Au-delà de ces espèces menacées de disparition, les quelques centaines d’autres, moins rares, qui y ont été recensées montrent aussi que ces espaces peuvent constituer de véritables infrastructures écologiques qui contribuent à la biodiversité urbaine, ainsi qu’à la résilience climatique et au développement urbain.

Ces inventaires, combinés aux travaux des autres équipes de ce projet interdisciplinaire, permettront également de comprendre le décalage entre la perception de la biodiversité d’un espace et la biodiversité réelle qu’il abrite, afin d’encourager un changement de perspective chez les acteurs locaux. SUNLOOP vise ainsi à reconnaître les multiples valeurs de ces espaces et l’intérêt de les préserver et de les intégrer pleinement dans l’aménagement urbain.

 
 

 

 

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