[Science News] – Canephorum V4 : Coffea canephora, de la génétique à la tasse
Les 22 et 23 juin, le Jardin botanique de Meise a accueilli Canephorum V4, un événement international entièrement consacré à Coffea canephora, plus connue sous le nom de café robusta. Cette quatrième édition, organisée par Cumpa et le Jardin botanique, a réuni un public spécialisé composé de chercheurs, producteurs, torréfacteurs, experts sensoriels et autres acteurs de la filière café. Ensemble, ils ont exploré la diversité génétique, les méthodes de transformation, les enjeux de conservation et les perspectives de qualité qui façonnent aujourd’hui l’avenir de Canephora.
Le programme alternait conférences scientifiques, ateliers pratiques et moments d’échange. Dès l’ouverture, les participants ont été plongés dans l’histoire évolutive de Coffea canephora grâce aux interventions du Dr Piet Stoffelen et du Dr ir. Robrecht Bollen – chercheurs au Jardin botanique de Meise – qui ont présenté l’origine et l’importance de la diversité sauvage actuelle de l’espèce. La chercheuse ougandaise Dr Catherine Kiwuka a ensuite mis en lumière l’importance des recherches sur l’adaptation au climat au sein de la diversité africaine de C. canephora.
L’après‑midi de la première journée a fait le lien entre théorie et pratique. Les visiteurs ont pu découvrir les serres de l’Arche verte et l’herbier du Jardin botanique, lieux essentiels pour la recherche taxonomique et la conservation des collections vivantes, en particulier la collection de caféiers, qui comprend une trentaine d’espèces sauvages parmi les plus de 110 connues dans le monde. Parallèlement, plusieurs séances de cupping – méthode professionnelle et standardisée d’évaluation sensorielle du café – ont permis de déguster des robustas d’Afrique (RDC, Togo, Ouganda), d’Asie (Vietnam, Indonésie) et d’Amérique du Sud (Brésil, Guatemala, Mexique, Pérou). Ces cafés se distinguent par une palette aromatique unique, encore largement méconnue du grand public. Le café congolais issu du projet de recherche du Jardin botanique a été particulièrement apprécié. Le Dr Michel Baqueta (Brésil) a clôturé la journée par une présentation des différentes approches analytiques permettant de tracer et de comprendre la diversité de Canephora.
La deuxième journée a débuté par une immersion dans la chimie de la torréfaction. Sous la conduite du Dr Lukas Macheiner, les processus et paramètres chimiques essentiels à une torréfaction optimale de Canephora – sensiblement différente de celle d’Arabica – ont été expliqués. La matinée s’est poursuivie avec une présentation du Dr ir. Christophe Van Neste et de l’ir. Augustin Peeters (Jardin botanique), qui ont montré comment l’analyse élémentaire du café peut renforcer la traçabilité et soutenir la mise en œuvre des nouvelles directives européennes sur la déforestation dans le secteur caféier.
L’après‑midi, des discussions en panel ont été organisées avec le public autour de quatre thèmes : avancées en génétique, formation, valeur marchande et image qualitative de l’espèce. Ces échanges ont esquissé les perspectives d’avenir de Coffea canephora, une espèce longtemps sous‑estimée par rapport au café arabica (Coffea arabica). La présence de participants internationaux issus de plus de vingt pays – dont l’Inde, l’Indonésie, le Brésil, le Guatemala, la RDC, l’Ouganda et le Togo – a enrichi les débats et souligné l’importance mondiale de cette culture.
Au cours de Canephorum V4, le Jardin botanique de Meise a confirmé son rôle de lieu de rencontre privilégié où les acteurs de la filière peuvent dialoguer. Il contribue ainsi à une meilleure connaissance et valorisation du robusta – ou plutôt du café Canephora – dans toute sa diversité.
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