Nouveaux guides de jardins botaniques
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Au printemps et à l'été 2025, le Jardin botanique de Meise a organisé une nouvelle édition de la formation des guides de jardins botaniques, pour le VBTA (Association des jardins botaniques et arboretums de Belgique). Cette formation, dispensée en français et en néerlandais, a permis aux participants d'acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour guider des groupes dans un jardin botanique et partager leurs connaissances et leur passion des plantes.
Un programme, spécialement conçu pour l’occasion, combinait cours théoriques et exercices pratiques. Chercheurs et jardiniers du Jardin, ont activement contribué aux sessions en partageant leur expertise et leur expérience sur le terrain. Les participants ont également visité d'autres jardins botaniques, ce qui leur a permis de découvrir les missions et les pratiques de différentes institutions. Sur les 62 participants à la formation, 50 ont obtenu leur certification. La cérémonie officielle de remise des certificats s'est déroulée à l'Arboretum Wespelaar le 7 octobre.
Cette initiative collaborative renforce le réseau des jardins botaniques et arboretums en Belgique et soutient la professionnalisation de l'éducation à l'environnement au sein de ces institutions. De nombreux lauréats ont émis le souhait de guider au Jardin botanique de Meise. Une journée d’accueil et d’intégration au réseau de guides existant a été organisée le 17 novembre dernier. |
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Visite à la recherche du passé
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Le 16 octobre dernier, le Jardin botanique de Meise a eu le plaisir d’accueillir Madame Linda Donnelly et sa fille Karen, venues spécialement du Canada, ainsi que Monsieur Luc Van den Brande, habitant de Meise et ancien collaborateur du Jardin, à l’origine de cette visite un peu particulière. Ils étaient accompagnés par Madame Ludwine De Vreught, arrière-petite-fille de Joseph et petite-fille de Frans De Vreught.
Cette journée fut l’occasion d’une plongée dans le passé familial, étroitement lié à l’histoire du domaine royal, à l’époque où il était occupé par S.M. Charlotte de Belgique, sœur du roi Léopold II.
Si Ludwine n’a pas connu son arrière-grand-père Joseph, intendant de la maison de l’impératrice Charlotte de 1918 à 1927, qui garda ensuite la maison de service à l’entrée principale du parc de Bouchout jusqu’en 1938, elle garde de vifs souvenirs de son grand-père Frans, resté gardien du domaine après le décès de Charlotte en 1927, et ce jusqu’en 1962. Elle se remémore avec émotion les années d’enfance passées auprès de ses grands-parents, dans ce qu’elle appelait « son immense jardin », où elle jouait, faisait du vélo et de la barque sur l’étang, malgré l’interdiction formelle. Linda et Karen, quant à elles, sont descendantes de Lucia, la sœur de Joseph.
Une anecdote familiale a également refait surface : la princesse Charlotte aurait été très exigeante sur la propreté du domaine, veillant à ce qu’aucune feuille morte ne traîne sur les chemins. À l’époque, beaucoup de villageois et villageoises travaillaient au château.
À travers ces souvenirs et témoignages, le domaine demeure un lieu vivant de mémoire et de transmission, où l’histoire des familles rejoint celle du patrimoine.
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Le Jardin botanique participe à la réintroduction de l’arnica dans les Ardennes françaises
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Le 6 novembre dernier, une équipe du Jardin botanique de Meise s’est rendue dans les Ardennes françaises, dans la région de Rocroi, pour participer à la plantation de plusieurs centaines de plants d’arnica (Arnica montana). Cette opération marque l’aboutissement d’un ambitieux projet de réintroduction mené par plusieurs partenaires français.
En Champagne-Ardenne, Arnica montana ne subsiste aujourd’hui que dans le nord des Ardennes, où elle est considérée comme en danger critique d’extinction. La disparition progressive de ses habitats naturels résulte de l’intensification agricole et du reboisement.
Le projet bénéficie de l’expérience acquise dans un programme similaire mené il y a environ dix ans dans le cadre du Programme LIFE Herbages, visant à renforcer les populations d’arnica dans le sud de la Belgique. Les graines utilisées pour la réintroduction en France ont été prélevées dans ces populations wallonnes désormais florissantes, dont les analyses génétiques ont montré qu’elles étaient proches des populations des Ardennes françaises. Le semis et la propagation des plants ont été réalisés à partir de ces graines au Jardin botanique de Meise et au Muséum de Paris (MNHN).
Au total, près de 2000 jeunes plants d’arnica ont été plantés sur deux sites. Cette opération constitue un exemple de coopération transfrontalière, alliant rigueur scientifique et engagement sur le terrain. Rendez-vous dans quelques années pour admirer les tapis d’arnica qui redonneront à nouveau vie à ces paysages ardennais emblématiques.
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Une espèce clé pour l'avenir du café redécouverte
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Une équipe de chercheurs du Jardin botanique de Meise, en collaboration avec la KULeuven et des partenaires congolais, vient de publier une étude majeure dans Annals of Botany, consacrée à Coffea dactylifera, une espèce de caféier sauvage redécouverte après plus d’un demi-siècle sans observations de terrain. L’étude montre que C. dactylifera est génétiquement proche du café Arabica. Cette parenté en fait un candidat potentiellement utile pour les programmes d’amélioration variétale, à un moment où les caféiers cultivés sont de plus en plus exposés à des conditions climatiques extrêmes.
« Cette espèce se situe à la croisée de lignées clés au sein du genre Coffea », explique An-Sofie Tas, chercheuse au Jardin botanique de Meise et première autrice de l’étude. « Comprendre ses caractéristiques génétiques pourrait nous aider à développer des caféiers plus résilients dans les décennies à venir. »
Présente dans les forêts chaudes de basse altitude d’Afrique centrale, où la saisonnalité est faible, C. dactylifera montre une croissance compacte et ses caractéristiques foliaires semblent prometteuses pour la résistance à la sécheresse. Cependant, d’un point de vue agronomique, sa productivité reste faible, notamment en raison de la petite taille de ses graines. Malgré cette faible productivité, ses grains révèlent une saveur étonnamment douce, avec des notes de sucre brun et une texture sirupeuse.
« Cette redécouverte nous rappelle à quel point les espèces sauvages de café d’Afrique centrale sont précieuses », concluent les chercheurs. « Elles pourraient détenir certains des traits clés essentiels pour permettre au secteur du café de s’adapter à un climat en mutation. » |
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L’équipe Éducation passe au numérique !
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Depuis cet automne, le Jardin botanique propose aux classes des chasses au trésor numériques avec l’application Baludik. Grâce à des parcours GPS interactifs, les élèves partent à l’aventure dans le Jardin botanique et explorent la biodiversité, la géographie et même le secret de la princesse Charlotte. Une manière ludique de sensibiliser les jeunes et de leur faire apprécier davantage la nature.
Optez par exemple pour la passionnante enquête « Fausse alerte dans le jardin : l’enquête des écologues ! ». Une mystérieuse vidéo générée par IA sème la panique, et il revient aux élèves, en véritables chercheurs, de démasquer les fake news. En cherchant des indices, en résolvant des énigmes et en explorant le Jardin, ils découvrent le rôle essentiel de la biodiversité et les interactions entre les êtres vivants et leur environnement.
Accessible dès l’enseignement secondaire. Prix : 25 € par classe (maximum 25 élèves). Durée : 2 heures. |
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Une édition réussie pour la Journée de la Science !
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En novembre, nous avons de nouveau organisé la Journée de la Science dans l’Arche verte, en collaboration avec les autres Institutions scientifiques flamandes (VWI). Le thème de cette année était « La science dans un livre ». À cette occasion, Frederik Leliaert ( directeur Herbarium et Bibliothèque) a offert à nos visiteurs une visite guidée exclusive dans les coulisses de notre bibliothèque. Ils ont pu s’émerveiller devant la magnifique collection d’illustrations botaniques et de documents d’archives datant de plusieurs siècles.
Dans l’Arche verte, les visiteurs ont pu observer nos illustrateurs botaniques, Liliane Tytens et Omer Van de Kerckhove, au travail, et faire eux-mêmes leurs premiers essais à l’aide d’un microscope à dessin. Les autres VWI ont proposé également de nombreuses activités interactives : L’Agence pour le Patrimoine immobilier a expliqué comment les découvertes archéologiques peuvent être « lues » grâce aux rayons X ; L’Institut flamand de recherche sur l’agriculture, la pêche et l’alimentation (ILVO) a invité les visiteurs à deviner quels légumes et quels fruits se cachaient dans des glaces et des smoothies ; L’Institut de recherche sur la nature et la forêt (INBO) a mis en avant son nouvel Atlas des oiseaux avec un atelier d’illustration ornithologique et une chasse au trésor dans le Palais des Plantes ; Enfin, les visiteurs ont pu tester leurs compétences de pilotage en guidant un bateau en toute sécurité vers le port grâce au simulateur maritime du Laboratoire d’Hydraulique.
Ensemble, nous avons donné le goût des sciences à près de 650 visiteurs, et nous nous réjouissons déjà d’en accueillir encore davantage lors des prochaines éditions. |
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Les Héliamphores (Heliamphora) sont des plantes herbacées vivaces appartenant à la famille des Sarracéniacées. Toutes les plantes de cette famille poussent sur des sols extrêmement pauvres en nutriments et, pour survivre, complètent leur régime par de la nourriture animale : ce sont des plantes carnivores. Avec leurs urnes immobiles, elles capturent tout ce qui est suffisamment petit pour disparaître dans le tube : principalement des insectes, mais aussi des escargots, des grenouilles, …
Le genre Heliamphora comprend au moins 18 espèces, endémiques des montagnes tabulaires – les tepuys - du sud tropical de l’Amérique. Selon les populations locales, c’est là que se trouvent les demeures des dieux : des plateaux de grès isolés et (presque) inaccessibles, situés à la frontière entre le Venezuela, le Brésil et le Guyana. Ils forment un écosystème unique, où les Héliamphores vivent littéralement dans les nuages. Une meilleure traduction du nom scientifique du genre serait d’ailleurs « plante à urne des marais » : en grec, hêlos–amphora signifie « urne des marécages ».
Les Heliamphora possèdent les urnes les plus primitives de toutes les plantes à urnes. À partir de leur rhizome, elles forment des rosettes acaules, c’est-à-dire sans tige apparente, dont les feuilles mesurent de quelques centimètres à 50 cm de hauteur. Elles poussent en touffes denses. La plupart des espèces ont des feuilles (urnes) vertes, enroulées dans le sens de la longueur et soudées sur les bords, formant ainsi des urnes verticales en forme de tubes. Un trait caractéristique des urnes vertes est la coloration rouge des nervures, des marges, de certaines parties du limbe, ainsi qu’une petite « cuillère à nectar » rouge au sommet de la nervure médiane. Elles ne possèdent pas de véritable couvercle, contrairement à d’autres genres de Sarracéniacées, et pour éviter que les urnes ne deviennent trop lourdes, l’excédent d’eau de pluie s’écoule par une ouverture située dans le bord du limbe. Attirés par le nectar, les insectes glissent le long de longs poils orientés vers le bas et tombent inéluctablement dans l’urne, où ils se noient. Des bactéries symbiotiques assurent la digestion, et la plante absorbe ensuite cette soupe nutritive.
Les hampes florales, portant plusieurs fleurs, s’élèvent bien au-dessus et à distance des urnes afin d’éviter que de précieux pollinisateurs ne tombent dans un piège.
Heliamphora minor et H. heterodoxa, exemples de ces plantes carnivores uniques, sont visibles dans le Palais des Plantes, au cœur de la Serre “Forêt de Nuages”. |
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Dans la Boutique du Jardin située à l'entrée Impératrice Charlotte, vous découvrirez des produits uniques et des plantes inspirées par la nature.
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Bonne nouvelle : notre Boutique est accessible à tout moment, même sans visiter le Jardin botanique. N'hésitez pas à venir nous rendre visite ! |
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(c) Jardin botanique de Meise
Ont participé à la rédaction de ce numéro : Lander Blommaert, Éline Botte, Marie Despiegelaere, Koen Es, Franck Hidvégi, Frederik Leliaert, Min Pauwels, Barbara Puttemans, Filip Vandelook, Manon van Hoye.
Musa est réalisé par le Service Éducatif.
Rédacteur en chef : Koen Es
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