[Science news] - Amanita bweyeyensis, un nouveau champignon tropical africain à la parenté mortelle

Lors de ses voyages de collecte au Rwanda, Jérôme Degreef a été étonné de voir des personnes cueillir d'énormes quantités de champignons du genre Amanita, et les manger sans tomber malades. Il existe plus de 500 espèces d'Amanita. Beaucoup sont comestibles, mais ceux de la section Phalloideae, comme l'amanite phalloïde (Amanita phalloides), sont connus dans le monde entier pour leur toxicité élevée, souvent mortelle.


Des échantillons ont été récoltés au Rwanda, ainsi qu'au Burundi et en Tanzanie. Sur la base de données morphologiques et de séquences d'ADN, nous avons décrit ce champignon comme une nouvelle espèce et l’avons nommé Amanita bweyeyensis, d'après le village de Bweyeye où il est consommé.


Les champignons de la section Phalloideae contiennent généralement des toxines puissantes. Cependant, les analyses chimiques des échantillons d'Amanita bweyeyensis n'ont révélé aucune toxine, ce qui confirme le savoir des populations locales au sujet de leur comestibilité. Néanmoins, nos analyses moléculaires sur les mêmes spécimens ont démontré que la séquence génétique codant pour la phallotoxine phallacidine (gène PHA) est bien présente.


Parmi les autres espèces d'Amanita, les gènes des amatoxines et des phallotoxines n'ont jusqu'à présent été trouvés que chez celles qui produisent ces composés. C'est la première fois que la présence d'au moins un de ces gènes est démontrée pour une espèce qui semble ne pas avoir (ou avoir perdu) la capacité de produire ces toxines.
Cette absence de toxines pourrait être due à une altération de l'expression génétique, liée aux conditions environnementales et climatiques. Amanita bweyeyensis est donc une espèce potentiellement toxique et mortelle.



Article scientifique en libre accès sur https://mycokeys.pensoft.net/article/34560/

Un film disponible sur [https://youtu.be/PtjRvTmg3GY] met en lumière les étapes de cette découverte, du travail de terrain au laboratoire.