[Science news] - Découvrir la diversité forestière dans le sud-est de Madagascar

Madagascar est l’un des plus importants points chauds de la biodiversité mondiale. L’île possède encore de grandes étendues de forêts tropicales primaires abritant notamment les emblématiques baobabs et lémuriens. Cependant, ces habitats forestiers sont menacés par l’exploitation forestière illégale et le défrichement pour l’agriculture ; étudier, collecter et décrire la diversité malgache est donc plus urgent que jamais.

Des chercheurs du Jardin botanique de Meise, du Muséum national d’histoire naturelle de Paris et du Parc botanique et zoologique de Tsimbazaza ont mis sur pied un projet pour caractériser la diversité de trois grands groupes taxonomiques à Madagascar : les Malvales (plantes à fleurs), les lichens et les fougères.

En novembre-décembre 2019, deux chercheurs du Jardin botanique de Meise ont exploré le sud-est de Madagascar, en collaboration avec des botanistes et des guides locaux. Nous avons étudié une grande variété d’écosystèmes, notamment le parc national d’Andohahela, qui présente la particularité d’abriter des forêts sèches de basse altitude et des forêts tropicales humides de haute montagne. Cette grande diversité d’habitats, liée aux gradients climatique et altitudinal (du niveau de la mer à 1200 m), explique la grande diversité biologique que nous avons observée. Ainsi, nous avons collecté plus de 800 spécimens d’herbier provenant d’environ 400 espèces, et ce, malgré des conditions difficiles : l’humidité menaçait la préservation de nos échantillons et les sangsues terrestres se nourrissaient de notre sang !

Nos collections seront étudiées à l’aide d’approches comparatives morpho-anatomiques et phylogénétiques. Les résultats de cette mission vont nous permettre de mieux appréhender la façon dont cette biodiversité s’est établie et a évolué en relation avec l’isolement et la topographie de Madagascar.