n° 54, été 2018
Meise, le Jardin aux 18.000 plantes!
Musa est le nom scientifique du bananier.


  • Rapport d'activité 2017

Le Jardin botanique de Meise a connu des développements considérables ces dernières années, tant dans ses activités scientifiques que dans ses projets pour le public. Cette année, nous avons produit un nombre sans précédent de publications scientifiques. Le monde végétal est confronté à la destruction croissante des habitats naturels, aux changements climatiques et à bien d’autres problématiques. Pour lutter contre la disparition d’espèces, nos chercheurs s’activent sur plusieurs fronts. Ils inventorient la diversité végétale tropicale, surveillent les espèces exotiques envahissantes en Belgique, mettent en conservation ex situ des espèces menacées (graines ou exemplaires vivants) et utilisent des végétaux comme indicateurs de qualité d’eau. Nous avons renforcé notre intérêt pour les parents sauvages des haricots, des bananiers et des caféiers, en lien avec l’utilisation raisonnée des ressources et la conservation de la diversité génétique naturelle, essentielles dans une optique de sécurité alimentaire. En 2017, nous avons mis en route de nouveaux programmes pour associer le public à nos recherches scientifiques. Parmi ces projets, le portail multilingue grand public “DoeDat” permet à tout contributeur, où qu’il soit dans le monde, d’encoder des informations de biodiversité à partir de nos collections numérisées. Ces données bénéficieront à de nombreuses études, notamment les évaluations de Listes rouges et les modélisations écologiques. La sensibilisation du public à l’importance des végétaux dans notre vie quotidienne fait partie de nos chevaux de bataille. Grâce aux serres et aux jardins, que nous avons rendus plus attrayants, et à nos activités à visée pédagogique, nous avons accueilli un nombre record de visiteurs en 2017. L’année 2017 marque une première étape dans la réalisation du plan directeur du Jardin. L’entrée principale du Palais des Plantes a été complètement rénovée et trois serres tropicales ont été rouvertes au public. D’autres chantiers d’infrastructures suivront dans le futur et, d’ici une décennie, les visiteurs auront sans doute bien du mal à reconnaître le Jardin par rapport à son état actuel...

> Découvrez notre rapport d'activités 2017

  • Réseau belge de surveillance des plantes

L'augmentation du commerce international et les changements climatiques ont entraîné l'expansion de nouvelles maladies et de nouveaux ravageurs des plantes. Leur suivi nécessite des connaissances actualisées afin de développer des systèmes d'alerte rapide et des mesures de protection. Afin d'utiliser les vastes collections des jardins botaniques du monde entier comme ‘sentinelles’, l'International Plant Sentinel Network (IPSN/ EUPHRESCO) a été créé, coordonné par le Botanic Gardens Conservation International (BGCI). Dans ce cadre, le Jardin botanique de Meise coordonne depuis 2017 le réseau belge de surveillance des plantes qui réunit sept jardins botaniques et arboreta belges ainsi que les laboratoires nationaux de référence pour la santé des plantes. Ce projet est financé par le Service public fédéral ‘Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement’. L'accent est mis d'une part sur le développement d'un réseau durable au sein duquel les experts des laboratoires transmettent les connaissances aux Jardins. D'autre part, l'objectif est de développer et de mettre en œuvre des protocoles et des outils pour la collecte standardisée (en ligne) et la communication des observations. Pour cette étude de deux ans, quatre cas expérimentaux ont été sélectionnés sur des conifères, des chênes et des ormes.

Infos : http://www.plantsentinel.org


  • De nouvelles formules pour soutenir le Jardin botanique !

Le Jardin botanique de Meise tient à remercier chaleureusement les généreux donateurs pour leur soutien en 2017. Avec ces dons, nous avons pu aménager d’agréables sentiers pavés dans les nouvelles serres de la forêt tropicale. Nous avons également utilisé vos dons pour récolter des graines de 15 espèces indigènes menacées qui seront préservées dans notre Banque de graines. Ainsi, dans la province du Brabant flamand, nous avons collecté des semenses d’orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis), de blackstonie perfoliée (Blackstonia perfoliata) et d'orchis bouc (Himantoglossum hircinum). Dans la province de Namur, nous avons récolté des spores de la fougère cystoptère fragile (Cystopteris fragilis). Vous souhaitez nous aider davantage dans notre mission de préservation des espèces de plantes menacées dans le monde ? Désormais, vous pouvez adopter une plante du Palais des Plantes. Si vous optez pour la formule ‘Adopter pour protéger’, vous pouvez choisir parmi des exemplaires de notre collection spéciale comme la belle liane de Jade et le rare et menacé coussin de belle-mère âgé de plus de 100 ans. Vous pouvez aussi opter pour votre plante préférée du Palais des Plantes. Pour 250 € vous deviendrez ainsi protecteur de votre espèce pendant toute l'année. Vous recevrez un certificat d'adoption et une déclaration de nom sur l'étiquette d'adoption et vous figurerez sur le site web et le rapport annuel du Jardin botanique. Vous pouvez devenir mécène en versant 500 € pour un an en adoptant l'une de nos ‘stars végétales’ comme l'arum titan ou l'encéphalartos de Laurent. Vous recevrez également des nouvelles de votre plante adoptée. L’adoption d'une plante donne droit à une réduction d’impôts.

Plus d'informations : www.jardinbotaniquemeise.be et giften@plantentuinmeise.be

  • Une forêt urbaine réelle et virtuelle pousse à Bruxelles

Le Jardin botanique de Meise est partenaire de Wood Wide Web, un outil de vulgarisation et de sensibilisation sur le patrimoine arboré bruxellois. Ce projet évolutif et participatif relie les arbres à une plateforme et à des activités de terrain. Destiné au grand public, il se développe à la fois sur le web, sur différents supports médias, et sur le terrain. L'idée est d’enchanter le public et de fédérer une communauté : aller chercher petits et grands derrière leurs écrans pour les emmener à la rencontre des arbres de Bruxelles et ses environs. Et à la découverte d’activités qui se déroulent à leur pied. Le cœur du projet est un atlas interactif et évolutif. Il permet de géolocaliser les arbres et d’y lier des contenus variés (textes, illustrations, photos, audio, vidéo…). Une carte forestière comprend une première sélection de 120 arbres remarquables avec des fiches multimédias. Progressivement, ces spécimens sont jumelés à d’autres arbres en Belgique. C’est ainsi que, petit à petit, la forêt va pousser en ligne. Partenaires et acteurs du projet peuvent ajouter des arbres de leur choix à la plateforme, proposer des activités et ainsi créer des connections entre les arbres et les participants. L’arbre aux mouchoirs (Davidia involucrata) est l’un de ceux-là. Il a été choisi et ajouté à l’atlas de Wood Wide Web par Guillaume Mamdy, jardinier-botaniste au Jardin botanique de Meise. Guillaume propose par ailleurs aux passionnés d’arbres de découvrir en visite guidée le Davidia parmi d’autres arbres et arbustes remarquables…

En savoir plus : www.woodwideweb.be

  • Le Jardin botanique en deuil

C’est avec une grande tristesse que le Jardin botanique a appris le décès accidentel de Christophe Maerten (37 ans), alors qu’il passait des vacances avec sa compagne dans le Vercors. Jardinier enthousiaste et très compétent, Christophe était attaché au service des collections vivantes du Jardin, dans le Palais des Plantes. Une passion qu’il combinait avec une insatiable curiosité du monde. Amoureux des voyages, aventurier dans l’âme et ouvert aux autres, Christophe parcourait les cinq continents. En toile de fond, les végétaux étaient omniprésents et il s’intéressait plus particulièrement aux orchidées et aux plantes carnivores. Le Jardin botanique lui avait d’ailleurs confié la gestion de la collection des “carnivores”, des orchidées tropicales et de la Serre de l’évolution, une manière pour lui de faire rimer passion et profession. Ses expéditions qui étaient autant d’occasions de découvrir des espèces qu’il ne connaissait pas encore l’ont mené de la Belgique à l’Indonésie, en passant par la Scandinavie, l’Islande, le Maroc et la Colombie… Il en avait ramené des clichés exceptionnels qu’il avait cœur à partager avec tous, sous forme de conférences ou d’albums photos sur internet. Christophe laisse un grand vide au Jardin et parmi ses collègues. Toutes nos pensées vont vers sa famille et sa compagne.

Musa est le nom scientifique du bananier.

Musa est le nom scientifique du bananier.

  • L’arbre à miel

Son écorce a une couleur similaire à celle du hêtre de nos forêts mais la comparaison s’arrête là. L'arbre à miel appelé aussi arbre aux cent mille fleurs (Tetradium daniellii) est originaire d’Asie du Sud-Est. Sa dénomination vernaculaire n’est pas le fruit du hasard. Ses inflorescences de couleur blanchâtre offrent en été une abondante source de nectar et de pollen. Très mellifère, l’arbre attire souvent des centaines voire des milliers d’abeilles dont le vrombissement ne passe alors pas inaperçu ! Si l’arbre est apprécié des apiculteurs pour ses qualités mellifères, il l’est aussi pour sa floraison qui survient à une période souvent creuse en fleurs. Son nom scientifique ‘Tetradium’ provient du grec ‘tetradion’ qui signifie ‘quaterne’ parce que les fleurs sont groupées par quatre. Cet arbre sait aussi se faire aimer des jardiniers de nos régions : il est très rustique, s’adapte à quasi tous les sols, résiste bien à la sécheresse, supporte facilement des températures frisant les -25°C et pousse facilement et rapidement, même dans des atmosphères polluées, ce qui en fait un arbre de plantation de choix dans nos villes. Il offre une couronne de taille raisonnable d’environ 5 mètres de diamètre mais il faudra toutefois le réserver aux grands jardins car il peut atteindre une taille de 20 mètres. S’il faut lui trouver quelques défauts, mentionnons son feuillage qui apparaît assez tôt à la fin de l’hiver et qui est sensible aux gelées. Sa longévité assez courte, quelques dizaines d’années à peine, est aussi un de ses points faibles. Le Jardin botanique de Meise attache une importance particulière à cette espèce et plus généralement aux essences mellifères étant donné les menaces qui pèsent sur les abeilles et les insectes pollinisateurs de plus en plus malmenés par des pratiques agricoles intensives. Notre Jardin a ainsi co-organisé récemment une « semaine de l’abeille » afin de sensibiliser le public à la cause des abeilles. Un espace permanent à l’ouest du Jardin est entièrement dédié aux abeilles et aux plantes mellifères : ruches didactiques, nichoirs à abeilles solitaires, prés fleuris, ruche géante pour les enfants… Et c’est bien entendu là également (secteur 53) que vous pourrez découvrir le fameux arbre à miel ! À venir découvrir cet été en famille.

Musa est le nom scientifique du bananier.

  • Art végétal

Princeton Architectural Press est une maison d’édition américaine spécialisée dans l’architecture et le design. Notre boutique a sélectionné pour vous plusieurs produits liant l’art et le végétal. Vous aurez le choix entre un coffret « Sunprint » comportant 12 cartes reproduisant des cyanotypes de plantes de l’artiste Anna Atkins ou encore un jeu « memory », un carnet de notes ou des cartes extraites du livre à succès « Woodcut » de l’artiste Bryan Nash Gill…

Prix : entre 14 et 20 € selon le produit.

Pour commander, cliquez ici.

  • Garden Gin

Après 2 ans de labeur, d'essais et de dégustation, Bart Verhelst a pu créer un gin qui réunit toutes les saveurs du potager. Tiré à 39°, ce gin distillé à Alost contient 39 variétés d’herbes et de fleurs issues de ses champs à Meerdonk. Tous les parfums du printemps et de l'été ont été rassemblés dans une seule bouteille de 70 cl que vous trouverez dans notre boutique au prix de 39 €..

Pour commander, cliquez ici.

Musa est le nom scientifique du bananier.

Editeur
Jardin botanique Meise.

Ont participé à la rédaction de ce numéro : Priscille CAZIN (Wood Wide Web), Katrien Clarysse, Koen Es, Régine Fabri, Nicole Hanquart, Franck Hidvégi, Anne Ronse.

Musa est réalisé par le Service Educatif.

Rédacteur en chef
Koen Es
Photos
Jardin botanique de Meise.

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Toutes les informations pratiques, notamment concernant les heures d’ouverture et les tarifs ici.

Jardin botanique de Meise
Domaine de Bouchout
Nieuwelaan 38
1860 MEISE

02 260 09 70
info@jardinbotaniquemeise.be